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Science-fiction et questions existentielles: Post Humains

par Amy Mailloux
Humains

Chaque fois que je passe la porte d’Espace Libre, je me doute qu’une surprise m’attend (c’est d’ailleurs là que j’ai fait ma première critique pour Mazrou!) Mercredi, quand j’y étais pour la première fois de cette saison, la surprise a commencé dès l’entrée en salle, qui s’est faite non pas par la porte habituelle, mais par un passage par le sous-sol et les toilettes(!), qui nous ont menés directement sur la scène: Post Humains s’annonçait déjà intéressante.

D’une surprise à l’autre

Déjà, l’entrée était étonnante. D’autant plus parce que Didier Lucien nous attendait sur scène, nous incitant à répondre à des questions!

Je ne vous en dis pas plus, mais arrivez 10 minutes d’avance pour faire l’expérience complète…

Quant à la pièce elle-même, il s’agissait de théâtre documentaire, ce style que je n’avais jamais vu auparavant, qui engage la participation du public, sollicité directement par les acteurs, qui engagent plus une discussion qu’un spectacle. Premier effet de distanciation du mode traditionnel artiste/spectateur: on est constamment sollicités dans Post Humains.

Humains

(c) Marie Andrée Lemire

Comment définir les humains?

Sans vouloir vous en dire trop, le point de départ de Post Humains est la quête de Dominique, diabétique de type 1 qui souhaite s’affranchir de son glucomètre archaïque. Ses recherches la mènent à s’intéresser au transhumanisme, aux cyborgs et aux implants électroniques, pour ne nommer que cela. Si on peut associer ce sujet à la science-fiction, il est appuyé par des entrevues, des références et autres informations tout au long de la pièce: Future is now, les amis!

Entre autres, un témoignage qui m’a franchement marquée est celui de Tim Cannon, un biohacker qui utiliser des implants pour augmenter les sens et les capacités humaines.

Il suggère que nous sommes tous handicapés tant que nous n’utilisons pas nos capacités au maximum (détecter les ultrasons, ressentir les champs magnétiques, contrôler notre ouïe, etc).

Mais, est-ce que de modifier son corps fait de nous des humains, ou des robots? De nombreuses questions éthiques émergent, mais toujours suggérées via l’histoire de Dominique et les interactions avec son mari Dennis, la narratrice/wikipédia en personne Cadie et Didier Lucien, qui entre dans la peau de plusieurs personnages.

Humains

(c) Marie Andrée Lemire

Ouvrir une boîte de Pandore

Si la prémisse de Post Humains (la quête de Dominique) semble à priori simple, elle nous mène franchement loin dans la réflexion. Si vous avez déjà vu la série Black Mirror, on évoque dans la pièce des enjeux similaires et… franchement plus près de la réalité que de la science-fiction. Pensons à l’épisode où le personnage principal meurt dans un accident de voiture: sa compagne le « ramène à la vie » grâce à une application. Creepy? Allez faire un tour sur Eternime

Si on peut questionner l’apport du théâtre dans cette approche particulière de la scène, on ne peut que saluer l’audace toujours renouvelée d’Espace Libre, qui offre encore une fois une pièce qui ne laisse pas indifférent.

Post Humains, jusqu’au 14 octobre à Espace Libre

(1945, rue Fullum, métro Frontenac)

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