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François Bellefeuille – Au sommet de l’absurde

par Thomas Campbell
Francois Bellefeuille - Le plus fort au monde

Hier, étoile montante du rire, François Bellefeuille est désormais une valeur sûre de l’humour québécois. En l’espace de quelques années, il a su imposer un style singulier tout en s’attirant les faveurs du public. On peut ne pas accrocher à son air d’éternel enragé ou à son timbre haut perché. Seulement, il est difficile de ne pas reconnaître son talent.

Cette année, le comique nous revient avec son second spectacle solo, Le plus fort au monde. Avec un titre pareil, on s’attend forcément à quelque chose de déjanté dont lui seul a le secret. Dès le début, une séquence animée le confirme. Vêtu en superhéros, Bellefeuille semble doté de superpouvoirs. Il n’en faut pas plus pour basculer dans son univers. Un concentré d’absurde qui lui permet de tirer sur tout sans la moindre gêne.

Sur scène, la principale force de Bellefeuille ne tarde pas à se révéler. Il déclenche des rires en cascade. Il lui suffit d’ouvrir la bouche pour que la foule s’esclaffe. Du pot de vaseline aux soirées vins et fromages en passant par les punaises de lit, l’humoriste enchaîne les blagues sans le moindre répit. Aussi verbomoteur qu’un Louis-José Houde, Bellefeuille laisse peu de place au silence. Dans un décor minimaliste, il prend possession de la scène durant 90 minutes.

Dans un même souffle, il nous raconte son aversion pour les cartes Air-Miles ou son expérience au centre de l’interprétation de la courge. Et ce qui semble au premier abord sans queue ni tête obéit en fait à une mécanique bien huilée. L’humoriste tisse de subtils liens entre ces diverses anecdotes. La plupart des sujets rejoignent d’ailleurs des situations du quotidien susceptibles de nous interpeller.

Francois Bellefeuille - Le plus fort au monde

Bellefeuille, le performeur

Le plus fort au monde est largement inspiré de l’expérience de Bellefeuille. Quand il dévoile à l’écran ses dessins d’enfants, on glisse doucement du général à l’intime. Et autant vous dire qu’à 8 ans, il avait tout un imaginaire. Avec ses superhéros à pénis ou ses personnages féminins nus et difformes, le petit Bellefeuille était déjà un original. Adulte, il pose un regard cynique sur ses jeunes années face à un public hilare.

C’est aussi le cas quand le comique feuillette son album-photos où il se moque allégrement de son physique. Mine de rien, ce n’est pas donné à tout le monde de faire preuve d’une telle autodérision. Or, il le fait sans le moindre complexe. Le plus fort au monde confirme ainsi l’ascension du décapant François Bellefeuille à l’humour sans pareil.

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