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Fratrie : un air de famille

par Thomas Campbell

Dans Fratrie, un clan est frappé par un drame, en plein cœur de l’hiver. Dans un huis clos intimiste, on découvre peu à peu les liens de quatre frères. La Salle Fred-Barry est le cadre idéal pour proposer ce retour en enfance.

Après l’accident de leur père, Arthur, Jules, Léo et Thibo doivent vivre seuls dans leur maison. Malgré leur inexpérience, ils apprennent à s’organiser sans la tutelle parentale. Parmi eux, Léo est un peu le mouton noir du groupe, à cause de sa différence. Une singularité qui n’est jamais clairement expliquée, mais dont le poids est le centre des conversations.

Fratrie nous invite à partager le quotidien de cette attachante famille. La sobriété de la mise en scène donne une grande place au jeu, ce qui nous rapproche des comédiens.

Fratrie

Une fratrie qui nous ressemble

Dans la pièce, l’équilibre entre les instants complices et les moments plus dramatiques nous donne l’illusion de faire partie du clan.

Même si la pièce confie à des adultes des rôles beaucoup plus jeunes, leur prestation est convaincante, car ils ne tombent jamais dans la caricature. Chacun donne de la couleur à son personnage pour trouver sa place dans la fratrie. Guillaume Clausse (Arthur) est l’aîné, sorte de figure paternelle par intérim, protecteur et un brin autoritaire. Baptiste Relat (Thibo) est le petit comique, ingénu et farceur, tandis que Marc Beaudin (Jules) est le suiveur de service.

Mais la figure la plus frappante est celle du marginal Léo. François Praud incarne ce garçon complexé qui se réfugie souvent dans son monde. À son contact, la scène s’anime d’effets visuels qui révèlent son intériorité. François Praud joue sur une palette d’émotions pour traduire son malaise et ses doutes. Son interprétation à fleur de peau est vraiment touchante.

Fratrie

Bienvenue à la maison

« Être différent des autres, est-ce un bienfait ou une malédiction ? » Voilà une question que soulevait Marc-Antoine Cyr en entrevue. En écrivant sa pièce, il confiait s’être inspiré de son parcours personnel.

Sur scène, on est ainsi attendri par la pudeur avec laquelle on se connecte à cette fratrie. Entre silences et non-dits, chacun pourra même trouver des échos avec son propre vécu.

La mise en scène de Didier Girauldon nous conforte dans ce sentiment de familiarité. La justesse des situations rentre directement en résonance avec le public entre fantaisie et poésie. Fratrie prend souvent des allures de conquêtes territoriales dans un festival de formes et de couleurs.

Fratrie, à découvrir à la Salle Fred-Barry jusqu’au 26 mars.

Fratrie
TEXTE Marc-Antoine Cyr
MISE EN SCÈNE Didier Girauldon
AVEC Marc Beaudin, Guillaume Clausse, François Praud et Baptiste Relat

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