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Un si gentil garçon – Une tragédie expérientielle

par Charlotte Dupuis
Un si gentil garcon - Usine C

C’est dans une ambiance psychédélique et intrigante que Jean-François Blanchard interprète Un si gentil garçon. Cette pièce plonge le spectateur dans les années 90, là où la devise Sexe, Drogue Et Rock’n’ roll était le leitmotiv de toute une génération.

Polo, un jeune adolescent sans problème et passionné de musique, a fondé un groupe de rock avec ses copains d’université. Lors d’un concert prometteur, tout dérape. Quinze ans plus tard, les protagonistes de cette soirée se retrouvent par le hasard de la vie. Ils nous font alors revivre ces moments dans la nostalgie comme dans la surprise : personne ne se souvient des mêmes faits… Mais alors qui dit vrai?

Denis Lavalou et Cédric Dorier, tiennent le pari de garder le spectateur en haleine avec leur mise en scène et artistique multi sensorielle étonnante. Ils propulsent au-devant de la scène des acteurs que l’on a peu l’habitude de voir au théâtre : le son et la lumière. Ils les intègrent parfaitement au décor sobre de la scène en arrière.

La performance des musiciens (Jérémi Roy, Daniel Baillargeon et William Côté), alliée au show visuel orchestré par Manon De Pauw amènent une touche de poésie au sombre scénario. Ces trois tableaux apportent de l’originalité et du dynamisme à la pièce.

Un si gentil garcon - Usine C

© Jean Scheim

Dans la première partie d’Un si gentil garçon, le mélange entre « les passés » et le présent, les passages narrés et ceux joués par Polo perd le spectateur. À cela s’ajoutent tous les éléments scéniques qui intriguent et retiennent notre attention plus que le scénario. Mais avec l’arrivée des autres personnages, l’histoire commence à avoir plus de sens. On arrive alors à se plonger dans l’inconscient de Polo. Et tout comme lui, on se perd, on croit aux mensonges et l’on se débat dans les méandres de sa mémoire.

La tension et le suspense de la seconde partie nous animent jusqu’au dénouement. Si vous n’êtes pas un adepte des histoires malaisantes, Un si gentil garçon n’est pas fait pour vous. Cette pièce explosive qui traite des sujets d’actualité vous laissera dans un état de confusion certain. Il n’en ait pas moins qu’il ne s’agit pas là d’une simple pièce, mais d’une expérience à part entière. Pour les plus curieux d’entre vous, bonne découverte à tous !

Les comédiens et artistes de la pièce Un si gentil garçon se produiront jusqu’au 18 Novembre 2017 à l’Usine C, une production de Kévin Bergeron.

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