Home Culture Glengarry Glen Ross : mâles en puissance

Glengarry Glen Ross : mâles en puissance

par Thomas Campbell

Vendre à tout prix ! Peu importe les moyens pourvu de rester dans la course. Voilà le quotidien de quatre vendeurs qui ont une semaine pour faire leurs preuves ou être licenciés. Glengarry Glenn Ross présente l’univers impitoyable d’une agence immobilière de Chicago. Le Théâtre du Rideau Vert devient un champ de bataille où tous les coups sont permis.

Avec une devise comme Always be closing, le message est clair : dépasse-toi pour être le meilleur et vendre ton produit ! Il n’y a pas de place aux scrupules ni aux bons sentiments pour appâter le client. Ici tout se calcule en profits et en commissions. La pièce suit le parcours d’un groupe d’agents immobiliers dans une satire du culte de la performance.

Glengarry Glen Ross

© François Laplante-Delagrave

Un concentré de testostérone

Dans Glengarry Glenn Ross, on assiste à un vrai combat de coqs sans le moindre esprit d’équipe ou de camaraderie. Réussir est une question de survie pour ces quatre hommes qui visent le palmarès. Frédéric Blanchette signe une mise en scène mordante d’une redoutable efficacité. Il réunit un concentré de testostérone dans une succession de répliques incisives et corrosives.

On rit de les voir s’entredéchirer entre éclats de voix et insultes, seulement ces personnages vivent dans un stress permanent. L’action aurait d’ailleurs très bien pu s’adapter à notre époque au lieu de reprendre le cadre vieillissant des années 80. Le message est toujours d’actualité avec notamment des agences de télémarketing qui carburent au rendement.

Glengarry Glen Ross

© François Laplante-Delagrave

Le meilleur à tout prix

D’entrée de jeu, le ton est donné par un Renaud Paradis enragé aux méthodes de coaching musclés. Son discours méprisant sert d’électrochoc pour une équipe en perte de vitesse.

Sur scène, Denis Bouchard est étourdissant dans son rôle d’agent sur le déclin. Il joue un Shelley Lavigne verbomoteur qui ne cesse d’argumenter pour justifier ses piètres résultats. Il s’oppose à un Éric Bruneau narcissique et cynique au sommet de la pyramide des vendeurs. Avec son costume et son air supérieur, son personnage de Richard Roma brille par son arrogance. C’est le jeune loup contre le vétéran. Fabien Cloutier (Dave Moss) et Mani Soleymanlou (George Aaronow) viennent pimenter cette distribution avec leur duo de bras cassés magouilleurs.

Glengarry Glenn Ross est une pièce survitaminée qui dénonce la cupidité et la corruption d’un système sous pression. À découvrir au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 27 février.

Glengarry Glen Ross
TEXTE David Mamet
MISE EN SCÈNE Frédéric Blanchette
AVEC Denis Bouchard, Éric Bruneau, Luc Bourgeois, Fabien Cloutier, Frédéric-Antoine Guimond, Renaud Paradis, Sébastien Rajotte et Mani Soleymanlou

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