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Hurlevents – #couplesmaudits

par Meriem Benammour
Hurlevents - Théâtre Denise Pelletier

Avec sa nouvelle pièce Hurlevents, Fanny Britt signe une pièce intelligente et percutante qui trouve malheureusement une trop forte résonance dans le contexte actuel des dénonciations massives de harcèlements et agressions sexuelles du mouvement #metoo.

Lors d’une nuit trouble, à la météo apocalyptique, on retrouve Émilie, Isa, Édouard, Catherine, Kim et Sam dans un étrange huis clos. Les trois premiers sont des étudiants en littérature, Catherine est leur professeure, Kim et Sam sont la sœur et le beau-frère d’Émilie. Ce climat de tempête pousse à toutes les révélations, à toutes les déclarations. Nous apprendrons qu’Édouard est amoureux de Catherine, qu’Isa entretient une liaison avec un professeur, que Catherine a vandalisé la porte de bureau dudit professeur, que Kim et Sam partagent un amour lyriquement brut tandis qu’Émilie souffre en silence de la fin d’une histoire d’amour clandestine.

Hurlevents - Théâtre Denise Pelletier

© Gunther Gamper

La responsabilité de dénoncer l’abus de pouvoir même si nos désirs nous appartiennent

Le tour de force de Fanny Britt est de traiter des thèmes aussi poignants qu’actuels tels les relations de dominance homme-femme, les libertés de choix, d’expression et les amours jugés interdits ou acceptables. Sans aucun paternalisme et sans lourdeur, les questions justes sont soulevées tout en laissant le spectateur y répondre à sa guise.

Le centre névralgique de la pièce réside dans la confrontation entre Catherine et Isa, sur leurs divergences quant à sa liaison, sur l’équilibre entre le respect du laisser vivre autrui et la responsabilité de dénoncer un abus de pouvoir dans lequel aucun consentement ne semble possible. La colère, la souffrance, la culpabilité, mais aussi la naïveté et la ferveur amoureuse sont impeccablement exprimées et jouées lors de cette scène phare.

« J’aime le sol qu’il foule, l’air qui respire, et tout ce qu’il touche et tout ce qu’il dit. »

Les références au chef-d’œuvre d’Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevents, sont justes et pertinentes permettant l’évocation fine de la cruauté et l’envie vengeresse propres aux histoires d’amour tragiques.

Dans Hurlevents, les répliques cinglantes et comiques se mélangent aux longues tirades académiques. La profondeur et la poésie des sentiments ne se situent pas toujours là où on les attend. La pudeur et la taciturnité de certains des personnages sont à bien des égards aussi évocatrices que l’intellectualisation des sentiments par les jeunes universitaires volubiles ou leur statut de médias sociaux

Selon Claude Poissant, le metteur en scène, Hurlevents n’est ni une adaptation, ni une inspiration du célèbre classique de la littérature victorienne, mais plutôt une transgression. Et rien que pour cela, il serait dommage de passer à côté de cette pièce.

 

Hurlevents - Théâtre Denise PelletierHurlevents
Théâtre Denise-Pelletier
Jusqu’au 24 février
Texte Fanny Britt
Mise en scène Claude Poissant
Distribution Alex Bergeron, Kim Despatis, Benoît Drouin- Germain, Florence Longpré, Emmanuelle Lussier- Martinez et Catherine Trudeau

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