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JFK, l’Opéra

par Vincent Mazrou

L’Opéra de Montréal présente JFK. L’oeuvre raconte les12 heures dernières de sa vie, soit celles passées à l’Hôtel du Texas de Fort Worth lors d’une tournée texane de trois jours qui marqua l’histoire américaine… à jamais!

JFK

Entre la réalité et le rêve

Jackie angoisse et n’arrive pas à dormir. Jack (JFK) dort déjà dans son bain. Souffrant de douleurs intenses au dos, il tente de relaxer, mais il s’est finalement endormi. Afin de l’aider à passer au travers de sa nuit, Jackie lui administre une (trop grande) dose de morphine. À partir de ce moment, le public est transporté dans un rêve. À partir de là, on voit défiler les Russes, la crise des missiles de Cuba, Gorbatchev et le communisme. Ils prennent tous place sur la lune, enjeu stratégique de l’époque. Toujours dans ce même rêve, on voit débarquer Lyndon B. Johnson et sa troupe de fanfarons texans. Ces hommes représentent les politiciens locaux avec qui JFK complète sa visite. Déjantés, ces grossiers personnages ont tout du classique maintenant dénoncé par le mouvement #MeToo.

JFK

Jackie finit par s’endormir elle aussi, mais viennent la hanter les anciennes maîtresses de son mari, ainsi que la mort de leur enfant, décédé à la naissance. Pour se consoler, elle repense à son mariage et au bonheur qu’elle vivait entourée de ses proches.

Une fin qui laisse sur la faim

Après un entracte de 25 minutes, il reste peu de temps au spectacle. Cette partie (Acte III et l’argument) se passe le lendemain matin. Le couple présidentiel se fait attendre au déjeuner organisé par la chambre de commerce locale, le fameux tailleur Chanel rose est là, et JFK et Jackie tardent dans la chambre. Rathbone est là lui aussi avec un fusil et il arrête le temps afin de parler de la mort.

Des images sont projetées sur l’un des petits murs d’une des pièces et on comprend, bien qu’on n’arrive pas vraiment à voir ce qui se passe, que JFK vient de se faire assassiner. Le rideau tombe, c’est la fin du spectacle.

JFK

Little & Vavrek se sont amusés à imaginer les dernières heures de Kennedy en nous amenant dans l’univers du rêve, mais en y intégrant les (vrais) moments marquants de la présidence de JFK. Tout le monde connaît la fin et je crois que cette fin, pouvait, elle, rester authentique à cet événement tragique. Sachant que lorsque Jackie se remémore son mariage, on nous projette les vraies images de cette célébration sur l’écran géant, il aurait été plus adéquat de faire de même avec le décès.

Une production magnifique!

Des costumes aux décors aux éclairages, cette production est tout à fait magnifique.  La scène des Russes sur la lune est clairement l’un des moments forts du spectacle. Le rouge est flamboyant, les astéroïdes font vaguement penser à Spoutnik, et le symbole du communisme est fièrement là en plein milieu de cette lune imaginaire.

JFK

Le choix des couleurs et des éléments lumineux est brillant, car on retrouve plein de clins d’oeil aux préoccupations de l’époque, tel que le faisceau de lumière vert qui rappelle les ovnis ou encore cette vie extra-terrestre.

Les costumes, surtout ceux des cowboys, sont flamboyants; à la hauteur des personnages qui les portent!

 

JFK

30 janvier, 1er et 3 février 2018

Salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts de Montréal

Production: Fort Worth Opera, American Lyric Theater et Opéra de Montréal

Crédit photos : Yves Renaud

#Mazrou

 

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