Home Culture La LNI s’attaque aux classiques – Création sans limites

La LNI s’attaque aux classiques – Création sans limites

par Thomas Campbell
LNI s'attaque aux classiques

L’Espace Libre accueille pour la troisième édition La LNI s’attaque aux classiques. Un concept original où quinze comédiens se frottent à des auteurs de renom. Dans ce format, il n’y a pas de décor de patinoire ni de compétition par équipe. L’idée est ici de rendre hommage à des dramaturges populaires par une série d’improvisations. Trois comédiens plongent ainsi, sans filet, dans l’antichambre de ces créateurs.

Le projet est décrit comme « amusant, enrichissant et spectaculaire ». La formule à de quoi séduire, même sans avoir vu leur performance. Mais quand on s’installe dans le cadre intimiste de ce théâtre de quartier, elle prend tout son sens. En une heure, on est témoin d’une expérience unique en son genre.

La première partie est comme une période d’échauffement. On s’imprègne de l’auteur et de son œuvre. François-Étienne Paré en est le metteur en scène. Il lance une succession de défis aux comédiens qui doivent rebondir très rapidement au rythme de ses indications.

La soirée consacrée à Shakespeare a ainsi donné lieu à des séquences surprenantes. Sophie Caron et Florence Longpré se sont affrontées dans un échange où le public était pris à témoin. En apparence, leurs personnages étaient inoffensifs, ce que démentaient leurs perfides apartés. On se serait cru dans un épisode de House of Cards avec le machiavélique Frank Underwood.

Dans une autre impro, les comédiens ont rejoué la même scène dans une variation de registres. De la version dramatique à la pantomime, en passant par l’érotisme, on a pu apprécier leur côté caméléon. Pier-Luc Funk était aussi à l’aise en ivrogne qu’en saltimbanque.

LNI s'attaque aux classiques

© Pascale Gauthier

LNI en mode expérimental

Entre deux scènes, Alexandre Cadieux assure l’aspect un peu plus éducatif de la soirée. Il présente des éléments clés du contexte sociohistorique de l’auteur. Ses interventions sont brèves et souvent teintées d’humour, ce qui en gomme le côté intello.

Et en parlant d’humour, on rit beaucoup durant le spectacle. D’abord, du sens la répartie des comédiens qui se renvoient leurs répliques comme une patate chaude. Ensuite, de leur flexibilité à créer en temps réel. L’exercice est tout, sauf facile ! On sent néanmoins leur plaisir du jeu et de se mettre en danger.

La seconde partie du spectacle confirme d’ailleurs cette impression. Durant trente minutes, les comédiens improvisent une pièce « perdue et retrouvée » du dramaturge à l’honneur. Ils démontrent alors leur respect envers son œuvre, mais surtout leur capacité à suivre ses pas. Quand le chrono se termine, on ne peut que saluer leur prestation. Ils ont réussi le pari de « s’attaquer à un classique ». Comprenons par cela, révéler un auteur sous un angle nouveau pour apprécier son génie créatif.

Voilà le véritable tour de force de ce concept de la LNI : se réapproprier les codes établis. Et à voir les applaudissements dans la salle, le public en redemande. Ce sont des spectacles à consommer sans modération !

Nouveauté de cette année : cinq trios d’acteurs se succéderont sur scène suivant les représentations.

Programmation
1er décembre : Sarah Kane (Distribution C);
2 décembre : Robert Lepage (Distribution D);
5 décembre : Michel Tremblay (Distribution B);
6 décembre : Wajdi Mouawad (Distribution E);
7 décembre : Carole Fréchette (Distrubtion E);
8 décembre : Larry Tremblay (Distribution D);
9 décembre : Michel Marc Bouchard – (Distribution C)

Composition des équipes :
A – Sophie Caron, Pier Luc Funk et Florence Longpré ;
B -Jean François Aubé, Johanne Lapierre et Marie Ève Morency;
C – Réal Bossé, Suzie Bouchard et Diane Lefrançois;
D – LeLouis Courchesne, Joëlle Paré Beaulieu et Brigitte Soucy;
E – Salomé Corbo, Amélie Geoffroy et Mathieu Lepage

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