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Le miel est plus doux que le sang : folle jeunesse

par Thomas Campbell

À Madrid, trois étudiants se rencontrent sur les bancs de l’Académie des Beaux-Arts. Jeunes et insouciants, ils sont promis à un brillant avenir. Ce sont Dalí, García Lorca et Buñuel. Le Théâtre Denise-Pelletier réunit ces trois artistes de génie pour évoquer leurs souvenirs dans Le miel est plus doux que le sang.

À vingt ans, tout est permis. C’est le temps des rêves et des folies. Des hésitations pour se connaître mieux et forger ses repères. Cette transition, nous la traversons tous entre moments de doutes, de joies et de désillusions. La pièce explore ce cap important où l’adolescent fait place à l’adulte.

Le miel est plus doux que le sang

© Gunther Gamper

Des génies en herbe

Dans l’Espagne des années folles, Luis, Frederico et Salvador ont les mêmes aspirations. Ils veulent vivre de leurs passions, trouver leur place dans le monde, et surtout s’affranchir de la tutelle parentale. Leurs préoccupations ne sont en cela pas si éloignées des nôtres au même âge.

Dans sa pièce, Catherine Vidal privilégie une approche intimiste pour éviter le piège de la biographie. À aucun moment, Buñuel, García Lorca et Dalí ne sont placés sur un piédestal. Certes, ils portent déjà en eux la marque de leur génie, mais ils restent profondément humains.

La metteuse en scène rend ainsi les trois artistes accessibles et sympathiques. Entre tendresse et rivalité, découvertes et apprentissages, elle invite souvent le spectateur à se replonger dans ses propres souvenirs. Il flotte alors un agréable parfum de nostalgie bien assorti avec le décor de music-hall de la pièce.

Le miel est plus doux que le sang

© Gunther Gamper

La force de la jeunesse

Sur scène, François Bernier est un attachant Luis Buñuel, insolent et bagarreur. Avec son air de dandy, Renaud Lacelle-Bourdon incarne un Frederico García Lorca sensible et romantique. Quant à Simon Lacroix, il est saisissant de réalisme dans son rôle de Salvador Dalí. Tout y est : la moustache, les yeux écarquillés, sans oublier l’excentricité. Son extravagance se traduit autant par son non verbal que par ses répliques décalées. Les comédiens forment un trio gagnant dont on sent bien la complicité.

Cette impression se confirme avec la présence d’une irrésistible chanteuse de cabaret jouée par Isabelle Blais. Sa Lolita est une muse révolutionnaire à la voix de velours. Sa performance exaltée offre une fraîcheur à la pièce, notamment grâce à ses prestations musicales. Il en est de même pour son franc-parler et sa soif de liberté qui contaminent les autres personnages.

Le miel est plus doux que le sang présente la formidable amitié entre trois monstres sacrés du surréalisme. Et grâce à de subtils clins d’œil à leurs œuvres, on dévoile tour à tour le parcours du cinéaste Luis Buñuel; du poète-dramaturge Frederico García Lorca, et du peintre Salvador Dalí. Trois destins exceptionnels qui ont laissé leur empreinte dans le monde de l’Art.

Découvrez cette pièce dynamique au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 27 février.

Le miel est plus doux que le sang
TEXTE Simone Chartrand et Philippe Soldevila
MISE EN SCÈNE Catherine Vidal
AVEC François Bernier, Isabelle Blais, Renaud Lacelle-Bourdon et Simon Lacroix

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