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Les Fourberies de Scapin – Une drôle de galère

par Thomas Campbell
Les Fourberies de Scapin - TNM

Dans le calendrier hivernal, Les Fourberies de Scapin et le TNM sont un duo gagnant. Pièce phare du répertoire de Molière, cette comédie frivole a tout pour séduire, à commencer par son histoire.

À Naples, le jeune Octave tombe amoureux de Hyacinthe, une orpheline sans le sou. Quant à son ami Léandre, il s’éprend de Zerbinette, une gitane égyptienne. Les couples décident de se marier dans le plus grand secret. Leurs décisions ne seront malheureusement pas au goût de leurs pères qui feront tout pour les ramener à la raison. C’est sans compter l’intervention de Scapin, un valet aussi rusé qu’impertinent…

Les Fourberies de Scapin est un classique que l’on ne se lasse pas de (re)découvrir au fil des adaptations. Les conventions sociales de l’époque sont certes différentes de celles d’aujourd’hui. Seulement, la volonté des enfants de s’émanciper de la tutelle parentale est toujours d’actualité.

La pièce nous réserve d’ailleurs de beaux moments de théâtre. Que cela soit la scène des coups de bâton ou le célèbre « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? », on est en terrain connu. Molière est tellement ancré dans la culture populaire que cela en devient réconfortant. L’efficace mise en scène de Carl Béchard respecte en cela tous les codes de la commedia dell’arte avec, en prime, des intermèdes musicaux dansés. La pièce s’appuie aussi sur une énergique distribution.

Les Fourberies de Scapin - TNM

© Yves Renaud

Scapin sur tous les fronts

André Robitaille campe un flamboyant Scapin. C’est un véritable équilibriste au cœur des intrigues amoureuses. Le comédien livre une prestation convaincante et ne ménage aucun effort pour se mettre dans la peau du personnage. Sous son sourire enjôleur, Robitaille apporte une profondeur à ce valet pour qui mentir est une seconde nature.

Benoît Brière (Géronte) est le seul à véritablement rivaliser avec lui, grâce à son potentiel comique sans limites. Après Tartuffe, il incarne à nouveau un père, mais cette fois-ci c’est un avare colérique. L’intelligence de son jeu se retrouve autant dans ses répliques que dans sa gestuelle. On aime voir Brière se fâcher, gesticuler ou encore se faire violenter par Scapin. C’est encore un rôle à la mesure de son talent. Le reste de la distribution tire bien son épingle du jeu et offre des seconds rôles intéressants. Le seul bémol est une légère tendance à l’exagération dans les scènes galantes.

Les Fourberies de Scapin nous emporte dans un tourbillon de mensonges et de rivalités durant près de deux heures. On rit de voir la maladresse des personnages empêtrés dans leurs sentiments ou leur égoïsme. C’est du bon Molière, plein de tendresse et de quiproquos.

Les Fourberies de Scapin - TNMLes Fourberies de Scapin
TNM jusqu’au 17 février
Texte Molière
Mise en scène Carl Béchard
Distribution Simon Beaulé-Bulman, Marie-Eve Beaulieu, Carol Bergeron, Benoît Brière, Patrice Coquereau, Lyndz Dantiste, David-Alexandre Després, Marcelle Hudon, Sébastien René, André Robitaille, Catherine Sénart, Tatiana Zinga Botao

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