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Saint-André-de-l’Épouvante : légendes rurales

par Thomas Campbell

De faits divers en vieilles légendes, Saint-André-de-l’Épouvante est un huis clos anxiogène où les personnages sont hantés par d’inquiétantes histoires.

Nuit de déluge. Cinq personnes se retrouvent coincées dans un bar plongé dans la pénombre. À la lumière d’une lanterne, ils racontent tour à tour une histoire. Leurs récits sont aussi tourmentés que la tempête qui fait rage au-dehors.

Saint-André-de-l’Épouvante

© Marianne Desrosiers

Un drame humain

Dès les lumières éteintes, Patrice Dubois plonge le spectateur dans une ambiance menaçante. Par le fracas de la foudre et la pluie torrentielle, le doute n’est pas permis. On ne s’en vient pas voir une comédie. Cette impression est renforcée par l’obscurité d’un bar faiblement éclairé par des néons rouge sang.

Sur scène, cinq individus trouvent ainsi refuge dans ce lieu privé d’électricité. En apparence, ils n’ont rien en commun, mais on se doute qu’ils sont liés par un étrange destin. Voilà en peu de mots Saint-André-de-l’Épouvante. L’intrigue est bien évidemment plus complexe, mais de peur de trop en révéler, mieux vaut parler de la distribution.

Dominique Quesnel est la barmaid de ce refuge improvisé. Douce et bienveillante, elle accueille les voyageurs égarés. Naturelle, sa Loulou déborde d’empathie notamment envers Rénald, l’homme-enfant du groupe. Bruno Paradis joue avec conviction ce personnage psychologiquement fragile entaché par un drame. André Lacoste (Martial) est un policier à la retraite bourru et cynique, alors que Dany Michaud joue un amical Mario. Quant à Miro Lacasse, l’ambiguïté de son jeu nous réserve quelques surprises.

Saint-André-de-l’Épouvante

© Marianne Desrosiers

Une ambiance lugubre

Pour sa première incursion au théâtre, Samuel Archibald reprend des lieux communs du folklore québécois. On rentre facilement dans cette histoire simple sous fond de légendes urbaines. Certains trouveront peut-être que l’auteur est un peu timide dans le registre de l’épouvante. On se demande néanmoins si son but est de nous donner des sueurs froides ou de mettre nos nerfs à vif. Dans un cas comme dans l’autre, Samuel Archibald nous invite dans un univers familier où il est question de mémoire et d’oubli.

Saint-André-de-l’Épouvante est le genre de pièce qui pourrait se jouer autour d’un feu de camp tant son cadre est intimiste. La mise en scène de Patrice Dubois trouve sa force dans sa sobriété. C’est comme si le temps était suspendu pour permettre aux personnages de nous compter des histoires. Et dans une atmosphère en clair-obscur, la pièce brouille habilement les pistes entre préjugés et apparences.

À découvrir à l’Espace Go jusqu’au 12 mars.

Saint-André-de-l’Épouvante
TEXTE Samuel Archibald
MISE EN SCÈNE Patrice Dubois
AVEC Miro Lacasse, André Lacoste, Dominique Quesnel, Dany Michaud et Bruno Paradis

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