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Warda – du songe à la réalité

par Andreea Nenu
Warda - Théâtre Prospero

Warda est une pièce dont il est difficile de cerner tous les enjeux. Elle nous transporte comme dans les légendes des mille et une nuit, en franchissant toutes les frontières, sans savoir où nous allons. Mais cette pièce porte aussi sur la recherche de soi et sur les faux-semblants. Sur les frontières qui divisent les Hommes, qu’elles soient géographiques ou temporelles.

Warda nous amène vers l’inconnu, vers une quête initiatique et vers des espaces qui hébergent l’imaginaire en nous interrogeant sur les possibilités qui s’offrent à nous.

Dans la pièce, on suit le quotidien de Jasmin, un jeune loup de la finance québécois. Tout semble lui réussir jusqu’au jour où il tombe sur une énigme qui vient chambouler sa vie. C’est en s’égarant dans les rues de Londres, entre deux transactions, qu’il rencontre un étrange marchand, Hadi, qui cherche à lui vendre un tapis. Un banal échange qui se transforme en véritable mystère lorsque le vendeur demande à Jasmin le mot de passe qui doit conclure l’achat… Warda.

Warda - Théâtre Prospero

© Alessia Contu

Warda : le désir impénétrable

Hubert Lemire (Jasmin) interprète un jeune homme égaré dans les méandres du système capitaliste, qui a échangé ses rêves d’enfant contre la réussite sociale.
L’acteur interprète à merveille les multiples facettes de son personnage, on peut sentir que le rôle lui colle à la peau, qu’il le compose en s’inspirant de ses propres expériences.

À ses côtés, Salim Talbi (Hadi) incarne l’étranger et l’infranchissable. Le comédien est énigmatique et à la fois drôle. Il se dégage de son comportement une infinie ambiguïté dérangeante, un humour décalé et très fin.

Quant à Victoria Diamond (Lily), qui interprète une jeune Canadienne venue à Paris pour étudier la philosophie et plus particulièrement l’œuvre de Foucault, elle est pétillante et apporte de la fraîcheur à la pièce.

D’escale en escale, Jasmin croisera, outre le drôle de vendeur de tapis (Hadi) et Lily, sa tante Colombe (Violette Chauveau) et Anneleen (Mieke Verdin), une écrivaine flamande qui interpelle le public.

Mais c’est le fantôme de sa mère, Rose, qui lui fait perdre toute notion de l’espace et du temps. Une mystérieuse apparition qui nous intrigue et nous projette vers l’inconnu, une porte vers le monde imaginaire qui se trouve en chacun de nous.

Le tout dans un décor contemporain et simple qui laisse place à une mise en scène intelligemment lumineuse et fait ressortir la complicité qui existe entre les acteurs.

Warda
Théâtre Prospero jusqu’au 3 février 2018
Texte : Sébastien Harrisson
Mise en scène : Michael Delaunoy
Distribution : Violette Chauveau, Hubert Lemire, Salim Talbi, Victoria Diamond, Mieke Verdin

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