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Britannicus - T'embrasser pour mieux t'étouffer - Mazrou | Lifestyle Blog
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Britannicus – T’embrasser pour mieux t’étouffer

par Marie-Andree Arsenault
britannicus TNM_Mazrou_visuel

Au théâtre comme dans la vie, l’amour et le pouvoir font couler bien de l’encre. Dans les classiques comme dans les créations plus contemporaines, ces thèmes font vibrer dans tout ce qu’ils ont d’universel. Avec Britannicus, c’est dans l’oeil de Racine que le Théâtre du Nouveau Monde offre de redécouvrir ces pulsions profondément humaines… et dangereuses.

À Rome, en l’an 55, le jeune empereur Néron (Francis Ducharme) tente de se libérer de l’emprise malsaine de sa mère, Agrippine (Sylvie Drapeau), afin de régner comme il l’entend sur son empire. Entre les conseils vertueux de Burrhus (Maxim Gaudette), les manigances de Narcisse (Marc Béland) et les manipulations d’Agrippine, le nouveau César peine à trouver l’équilibre. Est-ce là la cause des inquiétudes qui le hantent et de la folie qui le guette?

Lorsqu’il fait enlever Junie (Evelyne Rompré), promise à son demi-frère Britannicus (Éric Robidoux), les tensions éclatent au palais. Pire encore, l’amour naissant de Néron pour cette femme promise à son principal rival transformera son palais en un triste théâtre.

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© Yves Renaud

Entre passion du pouvoir et désir amoureux

Britannicus présente bien plus la folie tyrannique du jeune Néron que le drame vécu par son demi-frère dont la pièce tire son nom. Le jeune Britannicus, dont la belle-mère Agrippine a établi la disgrâce pour placer Néron sur le trône, ne demande qu’à pouvoir aimer en paix sa douce Junie. Mais Néron vendra cher à Britannicus le droit de revoir sa promise.

Sur scène, la performance de Francis Ducharme (Néron) crève les yeux. La folie grandissante qu’il incarne est perceptible dans tout ce qu’il est : sa voix, sa gestuelle, son regard. Mieux encore, sa complicité avec le public, auquel il semble parfois s’adresser comme à lui-même, ajoute à l’inquiétant spectacle qu’il offre. Le triangle amoureux qu’il forme avec Evelyne Rompré (Junie) et Éric Robidoux (Britannicus) est aussi fort réussi. Malgré le caractère aride de la langue de Racine, les scènes auxquelles ils donnent vie permettent de belles envolées.

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© Yves Renaud

Florent Siaud, à qui l’on doit la mise en scène et la dramaturgie de Britannicus, a été loué de toutes parts depuis la première de la pièce à Montréal. Cela dit, cette adaptation pour le moins sobre (costumes contemporains sans artifices, décor actuel minimaliste) aurait pu être plus flamboyante, à l’image des écarts propres à la personnalité de Néron. Il en est de même pour la conception sonore. Si celle-ci est en décalage avec le ton classique du texte, ce qui est agréablement surprenant, on en aurait pris plus, cela donnant plus d’intensité et de fougue au ballet chaotique du tyran.

De vertu en vertu… de crime en crime

Britannicus dépeint avec brio tout ce qu’a de cruel l’injustice et la force. Pour qui gouverne-t-on? Jusqu’où doit-on plaire? Qu’est-ce qu’un crime pour celui qu’on nomme maitre du monde? Ce texte fort de la littérature rappelle combien ce qu’on dit est souvent loin de ce qu’on pense lorsqu’on aspire à nourrir nos bas instincts. Une morale qui n’est pas sans rappeler certains scandales plus que contemporains.

Britannicus
Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 20 avril 2019
Texte: Jean Racine
Mise en scène et dramaturgie : Florent Siaud
Avec : Marc Béland, Sylvie Drapeau, Francis Ducharme, Maxim Gaudette, Marie-France Lambert, Éric Robidoux et Evelyne Rompré

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