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La déesse des mouches à feu – Jeunesse à fleur de peau

par Meriem Benammour
La déesse des mouches à feu - Théâtre Quat'sous

L’entrée en matière de La déesse des mouches à feu est directe avec l’arrivée sur scène de onze magnifiques jeunes actrices. Elles se présentent avec un aplomb inégalé, signe annonciateur de leur talent. Ces onze déesses joueront tour à tour les rôles de Catherine, ses parents, sa meilleure amie Marie-Ève, ses amis de la « poly » et son premier amoureux Keven.

La force de cette pièce est bel et bien l’interprétation dynamique et authentique des actrices. Seules ces jeunes filles pouvaient incarner de manière aussi véridique l’effervescence de l’adolescence.

On aime que Geneviève Pettersen signe la propre adaptation théâtrale de son roman La déesse des mouches à feu. Elle joue avec l’universalité spatio-temporelle des événements et l’androgynie des sentiments. En effet, la crise d’adolescence, et tout ce que cela implique n’ont ni de lieu, ni de temps, ni de sexe, ni de nationalité.

On rit beaucoup dans La déesse des mouches à feu. Mais on a aussi, par moment, mal aux tripes, juste ce qu’il faut pour se remémorer sa propre adolescence ou anticiper celle de ses enfants. Fait vécu, en sortant de la pièce, une fillette croisée dans la rue portait fièrement sur sa tête une couronne semblable à celle de Catherine. Je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle entre l’image de cette petite reine rencontrée au centre névralgique de Montréal et la naïve Catherine entourée de personnages aussi complexes que fragiles.

La déesse des mouches à feu

© Bruno Guérin

Quand ça sent l’ado…

Dans La déesse des mouches à feu, les répliques sont vives et acerbes. Le langage cru de la jeunesse à fleur de peau peut être dur, mais assez juste. Geneviève Pettersen raconte le drame sans tomber dans le pathétique. La musique des années 90 rendra nostalgique tout spectateur de la génération Y. Coup de cœur pour le rap aux accents freudiens sur la complexité de la relation mère – fille résumée brillamment en deux phrases : J’haïs ma mère/ On devient toute notre mère.

Dans La déesse des mouches à feu, on retrouve la perte de l’innocence, les premières expériences sexuelles, la confusion des sentiments, la violence des scènes de ménage, l’abus ou encore l’intensité des drogues. La mise en scène sobre et percutante d’Alix Dufresne et Patrice Dubois insiste avant tout sur le joyau de cette pièce : les actrices.

 

La déesse des mouches à feu Texte Geneviève Pettersen d’après son roman publié au Quartanier
Mise en scène Alix Dufresne et Patrice Dubois
Avec Lori’anne Bemba, Zeneb Blanchet, Charlie Cliche, Evelyne Laferrière, Alexie Legendre, Éléonore Loiselle, Elizabeth Mageren, Kiamika Mouscardy-Plamondon, Éléonore Nault, Jade Tessier et Amaryllis Tremblay

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