Notice: Use of undefined constant REQUEST_URI - assumed 'REQUEST_URI' in /home/mazrou/public_html/wp-content/themes/soledad/functions.php on line 73
Disparu.e.s - Disparaître n’est pas tout - Mazrou | Lifestyle Blog
Home Culture Disparu.e.s – Disparaître n’est pas tout

Disparu.e.s – Disparaître n’est pas tout

par Marie-Andree Arsenault
Disparu.e.s - Mazrou - Duceppe

La production Disparu.e.s marque le retour attendu du metteur en scène René Richard Cyr chez Duceppe. Cette traduction de l’œuvre la plus célèbre de l’auteur américain Tracy Letts, August : Osage County, rappelle que si la vérité est un couteau à deux tranchants, tous doivent en payer le prix.

Écorchés vifs

Sur scène, on retrouve une demeure dont les murs semblent avoir été retirés pour donner au public le loisir d’assister à toutes les scènes à la fois. Une maison éventrée dont les habitants se livreront une lutte sans merci pour survivre à une disparition… ou à toutes celles qui les déchirent.

C’est à même ce décor que sortent peu à peu de l’ombre les principaux personnages de ce drame familial. Un intérieur sombre, coupé de tout contact avec le monde pour ne pas distinguer le jour de la nuit. Un cadre suffoquant que tentera de quitter le maître de la maison, Beverly Weston (Guy Mignault), poète et professeur émérite fuyant sa triste réalité par l’alcoolisme. Avant de disparaître, il trouvera pour sa femme atteinte du cancer et accro aux médicaments, Violet Weston (Christiane Pasquier), une aide-ménagère, Johnna (Kathia Rock) pouvant prendre soin de leur foyer. Mais son départ, plutôt que d’unir les membres de sa famille, les précipitera les uns contre les autres dans une lutte corps à corps dont aucun ne sortira indemne.

Disparu.e.s - Mazrou 2019

À couper au couteau

Disparu.e.s donne à voir de puissantes performances portées par un texte dont le cynisme est mené à sa limite la plus extrême. Notons-le : il est rare de voir réunis sur scène autant de comédiens se démarquant par la justesse de leur jeu. Qui plus est, s’il n’est pas toujours évident d’allier humour et chef-d’œuvre au théâtre, cette pièce pousse son public dans ses derniers retranchements. Entre rires jaunes et hoquets de stupeur, c’est à un rythme effréné que la magie opère.

Au cœur des abysses où se débat cette famille dysfonctionnelle en pleine noyade, les couteaux volent bas, dévoilant ainsi des relations marquées par une violence qu’on ne saurait taire. Violet Weston, que ses trois filles (Sophie Cadieux, Evelyne Rompré et Marie-Hélène Thibault) tenteront d’aider, en est l’exemple même. Son cancer de la bouche n’est peut-être que la métaphore de la cruauté dont cette femme est capable. Doit-on nécessairement dominer, voire détruire les autres pour être forte? C’est là l’une des questions que pose cette étrange filiation de femmes confrontées à l’échec de leur famille.

Entre fuite et affrontement, disparition et destruction, Disparu.e.s force à réfléchir aux relations qui nous forgent et nous unissent. Chapeau à l’équipe de Duceppe pour ce moment fort au théâtre qui nous rappelle la raison même de cet art : confronter le monde à ce qu’il a de plus vrai, même si cela risque de faire mal.

Disparu.e.s
Théâtre Duceppe jusqu’au 23 novembre 2019
Texte: Tracy Letts
Adaptation et mise en scène : René Richard Cyr
Traduction : Frédéric Blanchette
Avec : Chantal Baril, Yves Bélanger, Sophie Cadieux, Alice Dorval, Hugo Dubé, Antoine Durand, Renaud Lacelle-Bourdon, Roger Léger, Guy Mignault, Christiane Pasquier, Kathia Rock, Evelyne Rompré et Marie-Hélène Thibault

You may also like