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Icaro – Commedia dell’arte qui donne des ailes

par Nicholas Boyer
Icaro - Mazrou

Icaro signe le retour à Montréal du metteur en scène Daniele Finzi Pasca. Il y avait présenté sa production il y a une vingtaine d’années.

Le spectacle s’ouvre sur deux lits côte à côte, dans une salle fermée d’un hôpital psychiatrique. Le personnage principal y est « prisonnier » depuis trois ans. Ancien clown considéré coucou professionnel, nous le retrouvons dans sa chambre. L’auteur joue tout au long de la pièce entre les concepts de nichée dans l’aile psychiatrique et le nid d’oiseau ailé.

Un moment touchant au milieu de la pièce est quand il joue avec les ressorts du lit une petite comptine de Noël comme cadeau à sa voisine imaginaire… Son ancien voisin de chambre, Augusto, est mort quelques jours/nuits plus tôt en voulant « voler de ses propres ailes ». La thématique de la fuite sera omniprésente tout en jouant sur les nuances de la comédie et du drame.

Au début du spectacle, le comédien Daniele Finzi Pasca choisit un spectateur du public afin de participer comme figurant dans cette comédie de situations. Ainsi, l’acteur principal discute parfois avec l’heureux ou le malheureux élu sur scène, mais souvent on assiste à un monologue. Toutefois, tout au long de la pièce, le comédien performe sans micro, ce qui fait qu’on l’entend moins bien. Son accent italien est aussi difficile à comprendre quelquefois.

Icaro - Mazrou

© Alexandre Galliez

Daniele Finzi Pasca s’est fortement inspiré du mythe d’Icare qui se fait fabriquer des ailes cirées par son père architecte pour fuir le labyrinthe du célèbre Minotaure. Le comédien principal joue le rôle de l’architecte et fait jouer le rôle de Icare à la spectatrice figurante en lui donnant des ailes pour fuir la « prisoli ».

De plus, un fou emprisonné dans un asile qui ne pense qu’à s’enfuir nous amène quelques similitudes avec le chef d’œuvre de Vol au-dessus d’un nid de coucou. On y est effectivement dans un hôpital psychiatrique dans le rôle du voyeur face aux maladresses et à la folie de notre patient italien.

Dans Icaro, Daniele Finzi Pasca joue beaucoup avec les mots… exemple de confusion entre statistique et statique. Nous sommes clairement face à une comédie de situation à l’italienne. Les moustiquaires du décor seront d’ailleurs le fruit de plusieurs séquences loufoques que Charlie Chaplin apprécierait.

Icaro – une fin lumineuse

Un des moments les plus touchants de la mise en scène est lorsqu’on nous dévoile la grande toile peinte d’un soleil rouge. Daniele Finzi Pasca et sa nouvelle partenaire de jeu costumés de leurs plumes voleront derrière le tableau vers un horizon incertain…

Transporté par une nuit d’insomnie dans la vie d’un coucou, le public d’Icaro est invité à saisir toute l’étendue de l’imagination du personnage principal. D’ailleurs, à la fin de la pièce, on en vient presque à se demander si le monde est plus coloré dans cette petite chambre, et dans sa tête, que celui, plus calculé et productif, qui se trouve à l’extérieur, autour de nous. Les lumières s’éteignent lentement accompagnée d’une petite musique de boîte musicale enfantine…

Bref, comme le dit si bien notre comédien italien adopté : « Voler c’est facile… mais s’échapper c’est difficile »

Icaro
Texte, mise en scène et interprétation : Daniele Finzi Pasca
Petite salle du Théâtre St-Denis
Production :  Compagnia Finzi Pasca
Durée du spectacle : 1h30 sans entracte

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