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Je cherche une maison qui vous ressemble – Duo passionné

par Chloe Varin
Je cherche une maison qui nous ressemble - Théâtre Denise Pelletier

Une saison théâtrale qui s’amorce en période électorale est parfois la promesse de textes forts et engagés. C’est le cas de Je cherche une maison qui vous ressemble, un vibrant hommage au couple mythique formé par Pauline Julien et Gérald Godin. Elle fait (re)vivre l’effervescence politique d’une époque où tous les rêves étaient permis, même celui d’un pays.

Sans tomber dans le piège d’un discours politique trop hermétique ou d’une biographie magnifiée de ces deux artistes admirés, le spectacle se déploie tout en nuances et en finesse grâce au jeu des deux acteurs et à l’accompagnement des musiciens. Campés dans une scénographie minimaliste, mais efficace, les interprètes s’approprient l’espace, évoluant avec aisance sur le plateau.

La complicité qui unit Catherine Allard (Pauline Julien) et Gabriel Robichaud (Gérald Godin) est palpable. Ils ont un plaisir évident à entrer dans la peau de leur personnage pour en ressortir l’instant d’après, le temps d’un aparté adressé au public. C’est que, voyez-vous, Catherine Allard y incarne le rôle de Pauline Julien tout comme son propre rôle. Il en va de même pour Gabriel Robichaud avec Godin. La pièce est ainsi construite, tel un pont entre le passé et le présent. Un dialogue entre l’histoire du célèbre couple et celle des artisans.

Je cherche une maison qui nous ressemble - Théâtre Denise Pelletier

©Marie-Andrée Lemire

Le spectateur est donc pris à témoin lorsque Gabriel Robichaud reproche à sa partenaire de jeu – Catherine Allard, instigatrice du projet – l’absurdité de l’avoir engagé lui, un acteur acadien, pour jouer Godin. Puis lorsqu’il en remet en soulignant l’incohérence d’avoir confié l’écriture de la pièce à Marie-Christine Lê-Huu, dramaturge née de père vietnamien, et la mise en scène à Benoît Vermeulen, d’origine belge.

On nage bien sûr en pleine autodérision et on ne se gêne pas pour écorcher au passage certains de nos travers identitaires. Il s’en dégage cependant un profond respect pour l’héritage légué par Pauline Julien et Gérald Godin.

On entre avec la curiosité du voyeur dans leur intimité, s’imprégnant d’extraits de leur correspondance amoureuse. On se laisse bercer par la musique et les chants, puis transporter dans une époque pas si lointaine grâce aux photos et vidéos d’archives projetées à l’écran.

Il en résulte un effet grisant, une plénitude confortable comme celle que l’on ressent quand on emménage dans une maison qui nous ressemble. Car c’est précisément ici que la pièce réussit son pari : nous rappeler à la fois d’où on vient et où on s’en va. Qu’on soit néophytes ou amateurs nostalgiques, tout le monde y trouve son compte tant le propos est actuel et rassembleur. La production réussit donc à bâtir un édifice qui se tient, un monument à la mémoire de Pauline Julien.

 

Je cherche une maison qui vous ressembleJe cherche une maison qui vous ressemble
Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 29 septembre 2018
Texte : Marie-Christine Lê-Huu
Mise en scène : Benoît Vermeulen
Distribution : Catherine Allard, Gabriel Robichaud, Gaël Lane Lépine et Gabriel Lapointe ou Cédric Dind-Lavoie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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