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L’Assemblée – Dans la fosse aux lionnes

par Agnes Huguet
L'Assemblée - banniere Mazrou

L’Assemblée a été créée à partir de propos recueillis lors de rencontres organisées entre des femmes de cultures différentes, aux opinions divergentes. Ces personnes réelles sont interprétées par un quatuor d’actrices formidables. Pascale Bussières, en intellectuelle qui sous son assurance cache sa solitude. Amélie Grenier dans un rôle aussi flamboyant qu’exaspérant. Nora Guerch en jeune rebelle à l’énergie animale. Christina Tannous, habitée par la peur et la bonne volonté.

Les comédiennes et les deux animateurs du débat nous entraînent dans la fosse aux lionnes, au cœur du superbe écrin offert par la scène de l’Espace Go. Une heure cinquante d’échanges tendus, souvent malaisants, ponctuée de touches d’humour rustique ou cinglant.

Autour d’une table surmontée d’écrans qui montrent leur visage en gros plan, quatre femmes croisent le fer :

Rihan, l’Égyptienne voilée, incarne l’Autre, l’immigration qui ébranle les assises de la société laïque et soulève la question des accommodements raisonnables. Nerveuse, intimidée, Rihan fait preuve de courage en participant à cette assemblée. Son souhait est de se faire respecter telle qu’elle est.

Isabelle, l’intellectuelle chic, qui prône le vivre-ensemble et ne se sent ni de droite ni de gauche. Elle voudrait faire la paix avec ses contradictions. Se positionnant au-dessus de la mêlée, elle suggère d’en finir au plus vite avec ce débat.

Josée, militante d’extrême-droite, grande-gueule. Elle est prête à aimer tout le monde… jusqu’à preuve du contraire. Avec un franc-parler inimitable, elle dévoile un parcours de vie hors du commun. Personnage rock & roll, elle nous assène plusieurs électrochocs révoltants. Pourtant, l’un d’eux bouleversera l’assemblée et canalisera la sympathie de tous.

Yara, francophone, née au Québec de parents libanais. Pour elle, le Québec est raciste et elle se sent mieux acceptée parmi les anglophones. Féministe de gauche, elle est susceptible, révoltée. Son agressivité explose lors d’une scène où la tension est à son comble.

L'Assemblée - banniere Mazrou

L’Assemblée, une pièce percutante

Au fil des sujets abordés (allégeance politique, identité, féminisme, laïcité, liberté individuelle, islamophobie, terrorisme…), l’aspect chaotique et l’échec du débat génèrent un sentiment d’angoisse et d’impuissance chez le spectateur. Malgré les alliances qui se font et se défont, chaque femme se retrouve isolée au milieu d’un océan d’incompréhension, essayant en vain de faire changer les autres d’avis.

On s’interroge jusqu’à la fin sur le dénouement.  Mais on n’aura pas la réponse tout de suite… En effet, les spectateurs sont invités à prendre la parole pour devenir à leur tour les acteurs de L’Assemblée. 

Les points de vue pourront-ils évoluer ? Y a-t-il un consensus possible ? Le débat est-il générateur d’impasses ou de réconciliations ?

Espérons que cette pièce, petit bijou du théâtre documentaire, soit une étincelle, le déclencheur de conversations animées à mener dans les chaumières ou en société…

Car l’important, c’est de s’asseoir ensemble, pour discuter.

L’Assemblée
Une production de Porte Parole, avec la collaboration d’Espace Go
Texte : Alex Ivanovic, Annabel Soutar et Brett Watson
Mise en scène : Chris Abraham
Avec Pascale Bussières, Amélie Grenier, Nora Guerch, Alex Ivanovici, Christina Tannous et Brett Watson

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