Home Cinéma Le retour de William à Fantasia part 2018

Le retour de William à Fantasia part 2018

par William Babin

Un autre été chaud, un autre festival Fantasia remplie de films rafraîchissants qui décapent nos rétines et nourrie notre soif de films pas comme les autres.

Cette année, Fantasia nous proposait un repas très hétérogène, un genre de buffet international.
Du thriller Coréen, des films d’action remplis de pif paf de Hong-Kong, des drames fantastiques du Mexique, des courts-métrages bien trash de Montréal, du Néo-Noir des États-Unis, et plusieurs inclassables.

Ayant eu un été ma foi très mouvementé, je n’ai pas été voir autant de films que je l’aurais voulu. 11 en tout. Mais parmi ces films, certains étaient plus intéressants que d’autres et je vous les recommande donc dans …

LES RECOMMANDATIONS DE WILLIAM 

Une incroyable rubrique de critiques, d’états d’âmes et d’observations pittoresques quant aux films les moins pas bons que j’ai vu à Fantasia cet été.

1- The Outlaws.
Réalisateur : Kang Yoon-sung

Film de gangstérisme Coréen bien musclé, qui m’a surpris par son efficacité. Le métrage ne réinvente pas la roue, mais le film est méga divertissant et bien ficelé. On a ici un espèce de Goodfellas à la sauce coréenne. L’acteur principal Don Lee (Lee Dong-seok) charismatique et baraqué, fou des baffes à gauche et à droite, pour un oui ou un non. Force est d’admettre que c’est sur ses musclés et larges épaules que le film tient.  Le métrage est basé sur des événements réels qui se sont déroulés en 2007. Cette guerre de gang avait été nommée l’incident d’Heuksapa. Le tout porte sur une guerre entre différent mafieux et une nouvelle bande de méchante vraiment pas gentils les Heuksapa, Gang de Yanbian en Chine, pour s’approprier plus de territoires dans le district de Guro à Séoul en Corée du Sud. La police malgré son manque de ressource, décide de s’en mêler pour ramener un peu de paix et de quiétude dans les quartiers. Don Lee au physique enviable et au charisme étincelant peut à un instant nous faire rire au éclat, nous terroriser ou encore nous faire verser une larme unique remplie d’émotions trouble. Un excellent film de gangsters coréen comme on en veut plus !

Note Babinienne: 8/10

 

 

2- Under The Silver Lake
Écrit et Réalisé par:  David Robert Mitchell

Après l’excellent It Follows, David Robert Mitchell change totalement de registre. Under The Silver Lake est une espèce de comédie, néo-noir, thriller criminel, gelé et vraiment space. Andrew Garfield joue ici le rôle de Sam, un bon à rien qui fume des joints et vedge dans son appart. Suite à sa rencontre avec sa voisine super jolie et son improbable disparition, Sam devient un détective de pacotille. Oubliez Columbo, Sam est le nouveau détective qui à l’air con ( mais cette fois-ci il est vraiment con.) Tel un adolescent ayant regardé trop de documentaires de conspiration accompagné de hits de bong, Sam voit des indices partout qui le mèneront à découvrir une conspiration encore plus sinistre qu’il ne le croyait. Meurtres, références pop à outrance, blagues bien grasses, mythes urbains, folies et bien d’autres ingrédients qui ne font pas toujours mouche parsèment ce film étrange. Là où Mitchell réussit le mieux, c’est dans la direction photo, dans les décors et les costumes. Parfois, les soirées tendance avec des jeunes bobo hipsters blasés habillés comme ce n’est pas permis peut taper sur les nerfs, mais on sent le besoin de Mitchell de nous en mettre plein la vue, et ces choix sont assumés. J’ai beaucoup rigolé, j’ai froncé les sourcils l’air perplexe et je patiente pour une sortie canadienne en salle pour revoir le film et tenter de comprendre un peu mieux qu’est-ce qui c’est passé dans ce film qui sentait le Kush et les mauvaises décisions.

Note Babinienne: 8/10

 

3- Piercing
Écrit et réalisé par : Nicolas Pesce

Ce film m’a étonné et laissé sur ma faim (1h21 ! très court.). Mais je l’ai tout de même bien apprécié. Adaptant une nouvelle de l’auteur Japonais  Ryū Murakami ( qui a écrit Audition et qui a été adapté par Takashi Miike au cinéma) Nicolas Pesce saupoudre ce récit d’humour grinçant d’un peu de Giallo. Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre une trame sonore Giallesque ( Claudio Simonettit avec la trame sonore de Tenebrea de Dario Argento,  Bruno Nicolai avec la Trame Sonore de The Red Queen Kills Seven Times d’Emilio Miraglia. Et bien d’autres !) L’esthétique du film rappelait aussi fortement celle des Giallis ( thriller érotico horrifique italien des années 70, go read on that ! Ou encore mieux venez voir la conférence que Frédéric Chalté et moi-même allons donner au Requieam Fear Fest le 22 septembre sur le sujet  !) . Un père de famille regarde son bébé dormir, l’air attendrit et il sort UN PIC À GLACE et l’approche dangereusement du visage de son enfant. (#fatheroftheyear) Sa femme se réveille et lui demande de venir se coucher. L’homme semble avoir un pressant besoin de pénétrer de la chair humaine d’un pic à glace ( moi qui me croyais bad avec mes craving de capitaine crouch…) Notre protagoniste élabore alors un plan machiavélique. Tuer une prostituée à coup de pic à glace pour calmer ses pulsions meurtrières. Petite encombre à ses plans, la prostituée qui vient le visité n’est pas née de la dernière pluie et semble elle aussi avoir d’étranges pulsions. Sont-ils l’un contre l’autre ou dans la même équipe ? Neo-Giallo, sadomasochiste rempli d’humour noir, Piercing m’a intéressé et le réalisateur en ai un que je vais surveiller. Et j’étais bien content de voir Mia Wasikowska dans un rôle demandant et à la hauteur de ses talents. ( après Stoker, elle était la Alice de service pour Disney 🙁 )

Note Babinienne: 7.5/10

 

4- Blood And Black Laces
Directeur: Mario Bava

Blood and Black Lace est surement un de mes films préférés, père des gialli, le film éclate les rétines par des éclairages osés, des couleurs magiques et inquiétantes. Racontant l’histoire d’un centre de mode qui voit ses mannequins mourir les unes après les autres  suite à la découverte d’un journal intime qui pourrait contenir des informations incriminantes envers des membres du personnel du centre de mode. 6 femmes auront rendez-vous avec la mort, mais qui est donc l’odieux tueur au visage masqué et aux mains gantées ? ( à savoir que le titre original du film est sei donne per l’assassino, soit six femmes pour l’assassin traduit de l’italien.)  Mario Bava était un génie, le visuel de ses films est toujours incroyable, par contre il n’a pas toujours été chanceux question scénario et ici, Blood and black Lace fait plutôt bien ça, un petit WhoDonnit efficacement écrit, mais c’est la caméra de Bava qui vole le show ! Un classique à voir et revoir, et sur grand écran c’est tout simplement divin !

Note Babinienne: 9/10

Précédé de:
Le otto dita della morte
Directeur: Frédéric Chalté.

Le otto dita della morte est une sorte de bande-annonce pour un film qui n’existe que dans la tête de Frédéric Chalté, le directeur. Empruntant aux codes du giallo, le petit français nous en met plein la vue. Lisa est poursuivie par un mystérieux tueur amateur de costume de motocycliste de cuir et de tarentule. Elle décide alors de s’enfuir vers un chalet éloigné, mais le tueur a plus d’un tour dans son sac ( ou une moto pour aller rejoindre Lisa à son chalet, mais là n’est pas la question !) Une narration off en italien ( et sans sous-titre) et la merveilleuse trame sonore d’orgasmo Sonore viennent peupler l’environnement sonore du court métrage. Ça sentait l’amour du giallo ce petit métrage-là ! La musique, l’ambiance, des effets visuels intéressants et un titre diablement accrocheur qui est affiché par moment à l’écran accompagné du narrateur qui nomme le film viennent bombarder nos rétines et trancher un sourire sur notre visage. Les huit doigts de la mort étaient une petite capsule de nostalgie réalisée par un type qui aime le giallo d’un amour pur et parfois chaste. Bien hâte de voir ce que l’avenir réserve à Frédéric et son collectif Wagon 86. ( NDL:  Le film a récemment gagné le prix MAtv créativité.)

Note Babinienne: 8.5/10  ( et maintenant un long métrage giallesque petit Chalté !)

 

Et finalement, ma comédie préférée de Fantasia:

Gonjiam: Haunted Asylum
Réalisateur: Beom-sik Jeong


Une équipe de jeunes youtubeurs Koréens décident d’aller visiter l’hôpital psychiatrique de Gonjiam qui est, semble-t-il, hantée. Armée de go pro et de peu de courage il s’y aventure et OH surprise il y a des fantômes épeurants. Je dis épeurant, mais j’ai ri tout le long. Gros plan à 45 degrés sur des visages de Coréens qui ont «peur» ( aka je vois ton cerveau de tes narines et tes 3 petits mentons d’ici.) On n’y voit que dit quedale, chaque scène qui pouvait se permettre de faire peur était risible et/ou bâclée ( La fille qui s’enfuit et rentre dans la tente pour finalement se retrouver dans l’hôpital, effectif, mais pas assez approfondie. Ou la scène où il y a un corridor rempli de lumière qui flashe lors de brusque changement de température ou de mouvement, tellement propice à des scène terrifiantes ( voir You’re next et Rear Window.) mais sous-utilisé). J’ai bien ri avec mon amie ( on en a pleuré, pour de vrai.) mais je m’attendais sérieusement à être terrifié ! Non, mais, un hôpital psychiatrique abandonnée et hantée à la sauce found footage ! Ça peut juste être bon et terrifiant ! Et la la… Grosse déception.

Note Babinienne: 5/10

Autres déceptions:
Les deux nouveaux films du scénariste de l’excellent I Saw The Devil  Park Hoon-jung m’ont tous deux déçu.

The Witch Part 1: The Subversion

The Witch est une sorte de super hero movie à la X-men, où des enfants subissent des expériences douteuses et deviennent des super humains aux capacités étonnantes. Le film était lent, beaucoup d’explications, mais les quelques scènes d’Actions étaient époustouflantes. Dommage qu’elles étaient perdues au milieu d’un scénario trop étiré et quelque peu cliché.

6/10

V.I.P

Le film commence fort, très fort. J’ai eu de la difficulté à regarder l’écran par moment. Une jeune écolière se fait kidnapper par des fils de hauts dirigeants de la Corée du Nord et elle se fait torturer et violer à répétition. Les tortionnaires nus la brûlent de cigarette et la prenne en photo se moquant d’elle. Puis, un des jeunes nord-coréens s’avance, il a l’air gentil lui… Et découpe la tête de la jeune fille à l’aide d’une corde de piano. Fiuf. Quel début ! Puis viens le bla bla, l’enquête policière, les longues explications… En cinéma si je n’ai appris qu’une chose c’est : «Montre-nous, ne dit pas, montre.» Et bien ce film n’a pas écouté cette leçon du charmant Stéphane Leclerc. Longue tirade explicative de ce qui va se passer, ce qui s’est passé, plot twist qui ne finit plus de twister… J’en ai oublié les dégueulasseries du méchant ! Un rendez-vous de manqué.

6/10

 

Ce n’était pas le meilleur Fantasia. C’était bien, j’ai par contre manqué quelques films comme : Terrified, Satan’s Slave et Luz.
Et mal m’en pris car il semblerait que c’était d’excellents films !
Prochain été, je vais voir tous les films. Impossible de ne pas voir les meilleurs ! Mais déjà là avec une bonne dizaine de films, j’ai un peu mal au popotin à force de rester assis sur les bancs de Concordia.
Sur ce, je m’en vais m’acheter mon coussin en mousse mémoire pour mes pauvres fesses.

You may also like