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Les recommandations du FNC 2018 de William

par William Babin

Ahh l’automne les feuilles mortes, la douce brise qui te fait dire : «hé bien, le fond de l’air est frais !», la mi-session qui est toujours brutale MAIS, un événement salvateur est là pour nous pauvres gens, le FNC.

Cette année le FNC nous offres encore une fois une vaste sélection de films de partout pour tout le monde. Sans plus tardé voici ce qui a piqué ma curiosité. (Cliquer sur les titres pour avoir accès aux bandes annonces et horaires.)

Les deux gros durs :

Deux films de deux réalisateurs qui ne font pas dans la dentelle.

Climax
Gaspard Noé

Après un film pornographique dramatique mainstream en trois dimensions ( Love 3d) et une adaptation hallucinée du livre des morts tibétains saupoudrés de DMT ( Enter the Void., notre bad boy Argentin préféré nous propose Climax. Le scénario est simple, mais garanti que Noé va nous en sacrer toute une avec ce Fame rencontre les 120 jours de Sodome. Une troupe de danse fait un party après une pratique de danse. Le punch est délicieux grâce à un ingrédient secret; du LSD. S’ensuit violence, sexe et caméra virevoltante dans tout les sens et bien sûr, Gaspar Noé oblige, des scènes baignées dans un rouge poisseux. Mon billet est acheté, j’ai invité des amis qui seront traumatisés : un p’tit film français sur la danse était ma description. Ils ne sont pas prêts.

The house that Jack Built.
Lars Von Trier

Bad Boy Danois qui nous a habitués à des films pas léger et sombre nous arrive avec un film sur un tueur en série. Après son dytique Nymphomanie qui avait fortement divisé les critiques, son nouveau film a obtenu de très bonnes critiques après sa projection à Cane. Violent, froid, assourdissant… Les adjectifs qualification fusent de toute part. Après des recherches exhaustives sur les tueurs en série Lars avait pensé faire de ce projet une série télévisée en 8 parties. Mon petit doigt me dit que la violence graphique a eu raison de ce plan et nous obtenons donc un film.

Les immanquables

Il y a des films que je veux absolument voir. Les raisons sont parfois profondes et intrinsèquement liées à des valeurs qui me sont chères, parfois c’est juste parce que les films ont l’air Nice.

Fugue
Agnieszka Smoczynska

Second film de la réalisatrice polonaise Agnieszka Smoczynska, qui nous avait offert The Lure ( que j’ai déjà louangé lors de mon top 3 de fantasia 2016) Fugue semble encore valser dans l’esthétisme léché.   Le film raconte l’histoire d’une femme qui réapparait après 2 ans d’absence. D’où vient-elle ? Est-elle réellement celle qu’on lui dit qu’elle est ? Mais pourquoi se conformerait-elle ? Mais où est donc carnior ? J’adore l’univers visuel et thématique que la réalisatrice à créé avec The lure, Criterion aussi d’ailleurs, car ils en ont sortie une superbe édition ( entre vous et moi pour que Criterion sorte ton film même pas 1 an après qu’il soit sortie, tu es pas mal hot.)

In Fabric
Peter Strickland

On a eu des films de serial killer, de plantes tueuses, de pneu tueur, de lapins tueurs, de lits tueurs, on a maintenant un film de robe tueuse.  Après l’excellent Berberian Sound Studio, Peter Strickland signe ici un film fortement ancré dans le surréalisme et nous amène à nous questionner: et si c’était mes shorts qui me mangeaient ? Film cauchemar qui ne devrait pas fonctionner, il semblerait que le réalisateur à réussis sont pari.

Pig
Mani Haghighi

Un réalisateur iranien banni devient le suspect numéro 1 dans une enquête sur un tueur en série qui tue les réalisateurs d’ Iran. Comédie noire et névrosée, le film semble s’assumer et proposer rigolade et étonnement. Et puis, ce serait mon premier film iranien, bien content d’avoir la chance de pouvoir visionner un film de ce pays !

Ash is purest white
Jia Zhang-Ke

Jia Zhang-Ke est un réalisateur que j’aime beaucoup, et voici son 13e film. Je laisse la bande-annonce faire son travail. Un film à ne pas manquer, vos yeux me remercieront.

Polissoneries

Parfois, certains titres proposés par le FNC ont une aura d’interdit et de transgression. Que ce soit par des thématiques sexuelles, ou idéologiques, ces films semblent avoir des choses à dire et des choses à montrer.

Les salopes ou le sucre naturel de la peau
Renée Beaulieu

Juste le titre choquerait ta grand-mère, mais c’est ici la thématique d’exploration de sa sexualité et de domination qui auront raison de ta grand-mère. Mettant en vedette la superbe Brigitte Poupart qu’on a eu la chance de voir dans les affamés s’affaire à un rôle qui est tout sauf simple.

Holiday
Isabella Eklöf

Sascha part en vacance rejoindre son chum qui est aussi un gros dealer sur la Côte turquoise. Sascha a tout, le luxe, le champagne , les bijoux, et les claques sur la gueule. Cette violence rendue presque banale par habitude sera réévaluée lorsqu’un beau Néerlandais approchera Sascha.

M
Anna Eriksson

Marylin Monroe, la mort et le sexe. Voici les trois ingrédients de ce film finlandais de l’artiste Anna Eriksson, qui après 5 ans ( !) nous livre son premier long métrage.

Abnormal Family
Masayuki Suo

C’est pas parce que y’a le mot Hentai dans le titre original (Hentai Kazoku aniki no yomesan) que le film m’intrigue, mais bien parce que ce premier film de Masayuki Suo est un pastiche des films d’ Ozu ( Yasujirō Ozu: Late spring, Tokyo Story…) saupoudré d’érotisme.

Un couteau dans le coeur
Yann Gonzalez

Sorte de Néo-Giallo nocturne sur fond de pornographie homosexuelle, le dernier film de Yann Gonzalez nous présente une Vanessa Paradis productrice de films pornographiques gais dans un Paris de 1979. Ouais, que dire de plus ?

Pour le lutteur mexicain qui sommeil en toi.

Santo Vs Evil Brain
et
Santo Vs Infernal Men
Joselito Rodriguez

Santo personnage mythique de l’univers mexicain, sorte de superhéros luchadores, hardboiled détective masqué et en chest, est à l’honneur au FNC où on y présente les deux premiers volets cinématographiques de ses aventures.
Santo contra cerebro del mal et Santo contra hombres infernales. Des titres jubilatoires et merveilleusement kitsch qui défoulent et qui ont été restaurés avec la participation de Nicolas Winding Refn ( merci gars !) Les deux films ont été tournés à Cuba à l’aube de la révolution, serait-ce Santo qui aurait causé ladite révolution ?

Pour pleurer dans le noir.

Parfois, un fort besoin de verser des larmes loin des regards indiscrets peut se faire ressentir. Et le FNC propose plusieurs drames qui semblent propices à faire expulser un liquide de nos glandes lacrymales tout en nous offrant des films puissants et nécessaires.

Dérive
David Uloth et Chloé cinq-Mars


Deux sœurs, un papa qui meurt, une maman pleine de dettes. Le deuil sera vécu différemment par les trois femmes, mais c’est garantie que touché, je verserai plus qu’une larme.

Capharnaüm
Nadine Labaki

On voit une certaine tendance dans mes films de sélection pour pleurer dans le noir, de jeunes enfants vivants des situations difficiles. On se rappellera l’incroyable Florida Project qui m’avait fait verser quelques larmes, qui nous présentait la vie d’une jeune fille dans une Floride toute pourrie. Ici, la réalisatrice Nadine Labaki nous raconte l’histoire d’un jeune gamin de Beyrouth qui décide de poursuivre ses parents en justice pour l’avoir mis au monde. Des enfants maltraités, une caméra qui présente l’histoire sans rajouter de fioriture, je sent déjà les larmes d’indignation monter en moi.

Socrates
Alex Moratto

Un jeune adolescent de São Paulo perd sa mère et doit tenter de vivre son deuil tout en survivant dans la jungle urbaine du Brésil. Dette, placement dans foyer jeunesses, incompréhension de son entourage… Le Brésil n’est pas que soleil dans ce film.

Paul Shraderra bien qui Paul Shraderra le dernier

Scénariste qui a déjà fait ses preuves ( Raging Bull, Taxi Driver, The last temptation of the Christ…) Paul Shrader est aussi directeur. Quelques-uns de ses films seront présentés au FNC, nous aurons même droit à une classe de maître, où le grand homme nous parlera de ses influences, de ses expériences et même de l’écriture de Taxi Driver ( wow). Toujours cool de pouvoir voir un extrait d’une filmographie de grands noms du cinéma !

Raging Bull
Martin Scorsese

Film incroyablement brut portant sur le boxeur Jack La Motta. Le film sortit Martin Scorsese d’une mauvaise passe et nous propose un Robert Deniro en feu. Sorte de biopic en monochrome sur l’ascension et la chute du boxeur champion des poids moyens, le film est incroyable visuellement, scénaristiquement et Joe Pesci et Robert Deniro explosent l’écran.

Light Sleeper
Paul Shrader

Susan Sarandon et Wilhem Dafoe. Deux acteurs incroyables qui se donnent la réplique dans un film où un livreur de cocaïne voit sa vie chamboulée quand son ex-femme réapparait dans sa vie. Le film sera présenté en 35 mm.

The Comfort of Strangers
Paul Shrader

Un autre duo de feu, Christopher Walken et Helen Mirren. The comfort of strangers raconte l’histoire d’un couple en vacances à Venise qui rencontre un couple qui semble affectionner les relations sexuelles de hautes voltiges. La rencontre sera fracassante.

Nipponades sucrées à l’asiatique.

Je ne le dirai jamais assez, j’adore le cinéma asiatique. La Corée, le Japon, la Chine… Il y a quelque chose de merveilleux et dépaysant dans leur cinéma et je suis bien content de voir qu’encore une fois, le FNC nous offre une vaste sélection de cinéma asiatique.

Long day’s journey into the night
Bi Gan

Un film en 3D, avec un plan-séquence de 55 minutes. Et on dit que ce deuxième film du réalisateur de 27 ans rappelle les premiers de Wong Kar-Wai. Intéressé ? Moi oui !

Tourism
Daisuke Miyazaki

Deux amies en voyage. Une se perd et égare son téléphone. Coloré, pop as fuck, pinterest névrosé et s’approchant d’un vidéoclip, le film semble délicieux.

A Land Imagined
Yeo Siew Hua

 Un travailleur chinois insomniaque passe ses nuits baigné par les néons d’un étrange cybercafé. Puis il disparaît. Un policier tout aussi insomniaque mènera l’enquête. Néo-noir singapourien qui a été comparé au Drive et Only God Forgive de Nicolas Winding Refn

Shoplifters
Hirokazu Kore-Eda

Dramédie  un clan familial manigance pour survivre. Petit vol, emberlificotage, tout est bon pour survivre. J’ai envie de dire: Les bougongs ? mais je le dirai pas.

Nightmare fuel

Une catégorie juste pour un film. En finalisant ma sélection, je suis tombé sur un film terrifiant. Juste voir la bande-annonce va me demander 2 heures de vidéos de bébés chatons mignons. J’ai nommé:

La Casa Lobo
Cristobal Leon et Joaquin Cocina

Comparé au travail d’animation de David Lynch ce long métrage en stop (arrête tu me fait peur film) motion raconte l’histoire d’une jeune fille qui s’enfuit d’un culte et se réfugie dans les bois. Pour vrai, je dors les lumières allumées ce soir. Tu peux faire ton courageux, regarde la bande-annonce on se reparle après
Pour me rassurer, j’ai cherché des photos des gens qui ont travaillé sur le film, et ça n’a pas aidé du tout.

Sur cette note épeurante, bon FNC 2018 !

 

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