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Oslo ou le prix d’une paix

par Marie-Andree Arsenault
Oslo_Duceppe_2018

Le Théâtre Jean Duceppe lance sa saison avec éclat en levant le rideau sur la pièce Oslo de l’Américain J. T. Rogers. Ce thriller politique poignant donne le ton à une année forte en textes percutants et en propos d’une étonnante actualité. Jean-Simon Traversy et David Laurin, nouveaux co-directeurs artistiques, relèvent avec brio le pari lancé en prenant la relève. Ils proposent une pièce rassembleuse, une incitation au dialogue ici comme ailleurs.

Fuir la tourmente

Le conflit israélo-palestinien tache de sang les rues de Jérusalem et de Gaza. Civils et soldats tombent les uns après les autres dans l’un des plus grands drames de l’Histoire. Pendant ce temps, à Oslo, les partis opposés demeurent prisonniers des dialogues de sourds qui minent depuis toujours leur entente. Tous filent ainsi vers le précipice. Dans la tourmente, qui pourrait croire qu’un couple de diplomates norvégiens puisse faire dévier la trajectoire de l’Histoire? Oslo relate l’aventure véritable de ceux qui ont tout tenté pour redonner une voix à ces deux peuples. D’une scène à l’autre, celle-ci se transformera en une voie sur laquelle marcher ensemble.

Oslo - Théâtre Duceppe

Ouvrir la voie

C’est une scène encombrée qui attend les personnages au début de la pièce. Une joute chargée se dessine sur tous les fronts. Entre les meubles entassés, Terje Rød-Larsen (Emmanuel Bilodeau) et Mona Juul (Isabelle Blais), duo phare de la production, se préparent à changer le monde. Grâce à la mise en scène ingénieuse d’Édith Patenaude, ce même décor sera le témoin d’affrontements violents entre Israéliens et Palestiniens. Il deviendra surtout le siège des premières rencontres secrètes de leurs représentants (Jean-Moïse Martin et Manuel Tadros) à Oslo. Mais, d’une confrontation à l’autre, les obstacles seront écartés et la voie, libérée, transformant la scène en véritable terrain de jeu. Les camps d’abord opposés devront faire équipe. Du début à la fin, le combat sera marqué par la performance des musiciens Mathieu Désy et Kevin Warren. Comme si la guerre se jouait parfois – toujours ? – sur un fond de possible harmonie.

Au-delà des egos

On retient d’Oslo une performance vibrante, un rythme haletant et un sujet universel : celui de la peur de l’autre en soi. Ce drame nous apprend avant tout à miser sur les rapports humains pour aller au-delà des egos, leçon de vie ne s’appliquant pas uniquement aux conflits du Proche-Orient. Dans la course vers la paix qui entraînera les personnages jusqu’à Oslo, il leur faudra accepter de se reconnaître en l’autre pour faire éclater les barrières érigées à même des siècles de haine. Cette pièce primée maintes fois gagnera assurément à être présentée encore et encore, ailleurs comme ici.

 

Oslo
Théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 13 octobre 2018
Texte : J.T. Rogers
Traduction : David Laurin
Mise en scène : Édith Patenaude
Distribution : Emmanuel Bilodeau, Isabelle Blais, Félix Beaulieu-Duchesneau, Luc Bourgeois, Jean-François Casabonne, Steve Gagnon, Reda Guerinik, Ariel Ifergan, Marie-France Lambert, Justin Laramée, Jean-Moïse Martin, Manuel Tadros, Mathieu Désy, Kevin Warren

 

 

 

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