Home Culture Photosensibles: la beauté est dans l’oeil de celui qui regarde

Photosensibles: la beauté est dans l’oeil de celui qui regarde

par Amy Mailloux

J’ai découvert la semaine dernière à la fois le Théâtre  Prospero, que je n’avais encore jamais eu la chance de visiter, et la compagnie la Vierge folle qui s’y produisait dans la salle intime. La compagnie de Québec, fondée par Noémie O’Farrell et Maxime Robin, signe Photosensibles, une pièce en cinq volets.

Cinq photos emblématiques du siècle dernier sont le point de départ de cette pièce conçue par cinq jeunes créateurs. Cinq tableaux, ayant chacun un thème, une mise en scène et un jeu très différents, sont entrecoupés de l’animation de Maxime Robin, dialoguant avec les spectateurs et démystifiant certains concepts de la photographie. J’ai moi-même été appelée à aller sur scène pour servir de “cobaye” (volontaire, tout de même!) pour une explication de ce qu’est  la distance focale.

Comme décor, une simple boîte noire modulable, dans laquelle l’action de chaque scène se produit, comme dans un cadre photographique. Fermée, cette boîte sert d’écran de projection, tandis qu’ouverte, elle est le lieu ou l’action se passe, qu’il s’agisse d’un champ de fleurs imaginaire, une chambre noire ou une salle de cocktail à la cérémonie des prix Pulitzer de 1994. La salle intime du sous-sol du théâtre permet toutefois d’exploser la frontière entre spectateur et acteur, nous plongeant d’autant plus dans le spectacle. Ainsi, c’est de façon très intime que Noémie O’Farell nous livre son témoignage d’une jeune femme ayant été dans l’armée, entre autres.

Photosensibles est une pièce originale, bien produite et bien interprétée. De A à Z, tout était envoûtant: la voix de Mykalle Bielinski dans ses interprétations musicales, l’écriture créative et diversifiée des textes, l’originalité du décor et, surtout, le jeu de chacun des comédiens. J’en retiens deux concepts très importants: la perception des choses est propre à chacun et pour avancer, il faut laisser passer la lumière (Let the sunshine in!).

La Vierge folle est certainement une compagnie qui restera sur mon radar théâtral. De court passage à Montréal, la compagnie tourne aussi régulièrement ses spectacles Viande et Jusqu’à Troie.
Photosensibles, jusqu’au 23 avril au Théâtre Prospero

Concepteurs : Maxime Robin, Noémie O’Farrell, Keven Dubois, Mykalle Bielinski, Karine Galarneau
Avec: Lise Castonguay, Noémie O’Farrell, Guillaume Pelletier, Mykalle Bielinski, Maxime Robin, Jean-Michel Déry

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(c) en-tête: Jérémie Battaglia. Intentionnellement avec le sujet du spectacle, aucune archive photographique n’en existe.

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