Home Culture Quand la pluie s’arrêtera, on s’aimera

Quand la pluie s’arrêtera, on s’aimera

par Martine Robergeau

Cette pièce de l’auteur australien Andrew Bovel se déroule à Alice Springs en 2039. Un poisson tombe sur le sol. Le premier à avoir été vu depuis des années. Il pleut constamment, et ce n’est pas normal. Sur fond de réchauffement climatique, le metteur en scène Frédéric Blanchette nous plonge dans une histoire sombre, puissante et audacieuse. Le public est invité à voyager durant quatre générations pour découvrir les sombres secrets de la famille York.

Il pleut à boire debout

La pluie représente bien l’atmosphère récurrente de cette pièce présentée au théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 14 octobre prochain. Dès l’entrée en salle, les spectateurs entrent dans un univers au décor insolite, avec le bruit de l’eau qui tombe et des personnages passant d’un côté à l’autre de la scène, tels des voyageurs du temps. Tantôt en Australie, tantôt à Londres, tantôt dans les années 60, tantôt dans les années 80, les protagonistes sont liés à travers le temps par des drames familiaux pesants.

Après la pluie, le beau temps?

À travers différents tableaux étonnants où des secrets sont dévoilés, le spectateur assiste, impuissant, à des moments déchirants. Les comédiens habitent habilement ces personnages tourmentés.

Dans les dialogues, la répétition est un procédé utilisé à plusieurs reprises. Un peu comme une pluie incessante. Les personnages se prêtent leurs mots entre eux. Normand D’amour interprète avec beaucoup d’émotions Gabriel York, un homme bourré de défauts, écrasé par la culpabilité de ses mauvaises actions du passé. Son personnage est lâche et égoïste, comme plusieurs autres dans ce récit qui confronte l’homme à son côté obscur.

Il pleut des cordes

Le décor évoque d’une manière étonnante et créative l’expression « il pleut des cordes ». La musique est lente et douce, mais lourde. L’éclairage, peu présent, illumine les moments opportuns. La mise en scène plonge le spectateur dans ces histoires sans lui donner le temps de souffler. En effet, dans cette pièce les scènes se succèdent à une vitesse vertigineuse. L’effet visuel du tableau de la fin est particulièrement superbe.

La pièce, d’une durée de 1 h 45 sans entracte, ravira les amateurs d’intrigues familiales et de drame. Malgré la lourdeur des thématiques abordées, ce récit laisse tout de même le public sur une note d’espoir quand la pluie s’arrêtera.

Quand la pluie s’arrêtera au Théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 14 octobre 2017.

Mise en scène de Frédéric Blanchette

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