Home Culture Les secrets de la Petite Italie – sacré famille

Les secrets de la Petite Italie – sacré famille

par Lys-Anaïs De Oliveira
Les secrets de la Petite Italie - Duceppe

La Petite Italie nous accueille au Théâtre Duceppe, le temps d’une soirée. Et dès notre arrivée dans la salle, nous sommes plongés dans l’ambiance. On se retrouve face à un rideau aux couleurs du drapeau italien avec un parterre floral.

Après Mambo Italiano et Les Chroniques de Saint-Léonard, Steve Galluccio nous revient avec son thème de prédilection : la famille. Une famille dysfonctionnelle qui sert de support à l’analyse des tares et des névroses ancrées dans les gènes. Chaque personnage a son histoire, mais ils sont finalement tous liés par leurs mensonges. Car malgré leurs tempéraments hauts en couleur, ils se réfugient dans une stratégie de déni et d’évitement. Or, ils finiront par comprendre que l’acceptation de soi, et celle des autres, sont primordiales pour s’affranchir du passé.

La mise en scène de Monique Duceppe est kitsch à souhait, mais c’est aussi un cocon invitant. On est directement transporté dans un salon-salle à manger, propice aux réunions de famille. Une Vierge trône même sur le buffet et semble garder un œil sur tous. On se trouve donc aux premières loges pour assister au drame qui se joue devant nous.

La pièce s’amorce sur une disparition. La femme de Tony, Amanda, est partie faire des courses et n’est jamais revenue. Famille et amis ne tardent pas à débarquer pour se mêler de l’affaire. Ils émettent alors toutes sortes d’hypothèses aussi saugrenues les unes que les autres. Mais l’arrivée de Marco, le fils transgenre rejeté, va raviver les tensions. Cette réunion se transforme ainsi en lavage de linge sale et met au grand jour des secrets enfouis. Au programme : potins hilarants, règlements de comptes ou encore moments de vérité.

Les secrets de la Petite Italie - Duceppe

Le passé pour éviter le présent

Dans Les secrets de la Petite Italie, on rencontre trois générations : Michel Dumont (Lino) est un grand-père en fauteuil roulant avec une mémoire défaillante. Le comédien est tour à tour drôle et touchant. Il nuance à merveille chaque trait du vieillard. Roger La Rue (Tony) est un père autoritaire pour qui la remise en question n’est destinée qu’aux autres. Il n’a jamais accepté que son fils soit gay/transgenre. Quant aux fils, ils sont aux antipodes. Davide Chiazzese (Steve) est le parfait italien. À l’inverse de François-Xavier Dufour (Marco alias Ivana), le transgenre jeté hors de la maison à 16 ans. L’acteur a su trouver un équilibre parfait dans ce rôle sans tomber dans la surenchère. On le sent à l’aise dans la peau de ce personnage. La distribution est enrichie de seconds rôles féminins colorés.

Les secrets de la Petite Italie est une pièce dans l’ère du temps. On y retrouve les problèmes de la plupart des familles avec les préjugés et une forme d’hypocrisie. Sur scène, tout repose sur le paraître. Plus précisément, sur ce que l’autre voit, ce que l’autre dit et surtout le « ce que je ne veux pas accepter n’existe pas ». Les personnages sont d’abord drôles et légers. Et quand les secrets ressurgissent, le drame s’installe et révèle une autre vérité. Voilà tout l’intérêt de la pièce qui joue sur différents registres. On peut d’ailleurs facilement s’identifier à certaines situations. Cela nous pousse à nous interroger sur nos liens avec notre propre famille. Et au final, on découvre que sans leurs défauts, nos proches ne seraient probablement pas aussi importants à nos yeux.

Les secrets de la Petite Italie
Théâtre Duceppe : jusqu’au 2 décembre 2017
Texte : Steve Galluccio
Mise en scène : Monique Duceppe
Distribution : Davide Chiazzese, François-Xavier Dufour, Michel Dumont, Roger LáaRue, Danièle Lorain, Marie Michaud, Pascale Montreuil

You may also like