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Temps zéro – Au recommencement des choses

par Marie-Andree Arsenault
Temps Zéro - Banniere Mazrou

La Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier offre chaque saison des productions de compagnies émergentes. C’est le cas de la pièce Temps zéro du Théâtre tombé du ciel. Ce road movie théâtral est à l’image de l’adolescence dont il dépeint les travers : intense en émotions et en expériences.

À la veille du jour de l’An, Daniel Bérubé (Joakim Robillard) vit sa première peine d’amour lorsque Coralie (Marie-Ève Laverdure) le quitte en pleine fête. S’en suit une dérape monumentale de la part du jeune cégépien… et les blues du lendemain. Comment affronter les parents qu’il a déçus, les amis qu’il a choqués, blessés? La fuite devient la seule voie possible. C’est celle que prendra Daniel en décidant de rouler jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de route. Or, il rencontrera Annie (Ariane Casatellanos), anarchiste au passé trouble, sur le bord du chemin. Ensemble, ils réécriront un chapitre de leur histoire…

Il n’est certainement pas facile d’écrire une pièce portant sur une génération qui peine à exprimer ses émotions, aussi puissantes soient-elles. Ainsi, ce qui ressort de Temps zéro, c’est l’intensité et la véracité du propos. On croit à ces jeunes en pleine transition entre l’adolescence et l’âge adulte.

Temps Zéro - Banniere Mazrou

© François Godard

Le ton est juste – ce qui est parfois rare dans les productions visant les adolescents – et la distribution, efficace. Joakim Robillard est touchant dans le personnage tout en contradictions de Daniel. À ses côtés, Ariane Casatellanos et Véronic Rodrigue entraînent avec brio le public dans une montagne russe d’émotions. Marie-Ève Laverdure et Marc-André Brunet se partagent quant à eux les autres rôles, notamment ceux – très réussis – des parents en détresse de Daniel. Mention spéciale à Marc-André Brunet pour son personnage du barman du bar Jonnhy’s de Calgary. Fous rires garantis.

Les jeunes adultes, les adolescents et leurs parents (pourquoi pas?) seront divertis par Temps zéro. Pour les thèmes abordés, bien sûr, mais aussi parce que la pièce est étonnamment rythmée par une mise en scène particulièrement colorée. Celle-ci allie une trame musicale dynamique et des transitions variées. Aucune longueur en vue.

On retient notamment la scène de la fête dont on suit l’évolution grâce aux chansons de la piste de danse. Il en est de même pour la route que l’on voit progresser au rythme des amuse-gueules d’Annie et des messages qui roulent en boucle sur le répondeur de Daniel. À cela s’ajoutent les échanges texto projetés sur le décor, lesquels rendent l’ensemble très actuel. Ces choix scéniques égaient la pièce et créent un ballant fort intéressant à la douleur des personnages.

Temps zéro, c’est la rencontre de deux détresses à la croisée des chemins. Un mélange entre anarchie et poésie alors que se présente une année nouvelle. La pièce peut essouffler par la quantité de thématiques exploitées. Cela dit, elle nous ramène à un questionnement sur l’amour et les liens qui nous unissent les uns les autres.

« Merci de tenir à moi même quand j’y tiens pas tant que ça », lance Daniel à sa meilleure amie en fin de parcours. Il est difficile de dire plus vrai. À découvrir !

 

Temps Zéro - mini banniere MazrouTemps zéro
À la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 1er décembre
Texte : Marc-André Brunet
Mise en scène : Charles Dauphinais
Production : Théâtre tombé du ciel
Distribution : Marc-André Brunet, Ariane Castellanos, Marie-Ève Laverdure, Joakim Robillard et Véronic Rodrigue

 

 

 

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