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Un espoir nommé Lascaux

par Aude Dupré
Lascaux - Mazrou

Pour redonner un peu de lumière aux courtes journées de février, la Salle Fred-Barry accueille Lascaux. Cette coproduction du Théâtre Bouches Décousues et Pupulus Mordicus allie jeu d’acteur, théâtre d’ombres et de marionnette. Un mariage réussi d’où l’espoir sait renaître.

Fuyant la guerre, Madeleine (Marjorie Vaillancourt), une femme en détresse, tombe dans l’enceinte d’une caverne. Cette grotte semble être protégée par une entité bienveillante, Dordogne (Éva Daigle). Cette dernière voit en sa captive l’espoir d’un recommencement du monde. Au fil des jours et des nuits, Madeleine retrouvera le gout de survivre. La magie de la caverne lui permettra de donner la vie à un petit homme. Elle le nommera Lascaux.

« Les pierres seront ta famille. »

« J’avais besoin de sortir de notre rythme effréné et envie de me faire raconter une histoire. C’est ainsi que le projet de Lascaux est arrivé » nous a confié le co-metteur en scène, Pierre Robitaille, à quelques minutes de la première. Le spectacle est à l’image de ce souhait on ne peut plus noble : tout en douceur.

C’est une série de moments de solitude aux confins du monde qui nous est proposée. Entre rêve et réalité, les projections illuminant les parois de la caverne permettent de matérialiser la présence symbolique de Dordogne. Les personnages sont aussi à même de dessiner des lettres et des symboles sur les pierres qui les entourent. Ils laissent ainsi une trace de leur passage et de la transmission des savoirs de la mère à son fils.

Lascaux - Mazrou
© Denis Baribault

« Je ferai pousser un jardin blanc. »

De ce spectacle sur la lumière, on retient de nombreux scintillements. Parmi ceux-ci, plusieurs passages du texte de Jasmine Dubé se gravent dans les mémoires. Cela ajoute à la poésie de ce spectacle qui porte sur la découverte du monde passant avant tout par les mots.

On salue aussi des scènes touchantes et esthétiques entre Madeleine – dont le jeu est poignant – et la marionnette de Lascaux. On voudrait les figer dans le temps comme les traces laissées sur les parois de la caverne. Une étoile, enfin, pour l’objet d’art qu’est la marionnette de Lascaux, créée par Pierre Robitaille, marionnettiste et homme de théâtre important de notre scène. En grandissant, Lascaux passera de marionnette à petit homme, cédant sa place au jeune comédien (Jules Ronfard) le manipulant. Comme si, dès la naissance, cet enfant avait toujours été guidé par plus grand que lui.

Lascaux est une œuvre sur la résilience et la force du temps. C’est un récit de l’attente : celle d’être trouvée et d’enfanter pour Madeleine ; de grandir et de s’épanouir pour Lascaux. Du ventre de sa mère, puis de celui de la caverne, Lascaux cernera le monde. En apprenant à décrire les couleurs et le jour qui nait, il se nourrira de l’essentiel… en attendant de retrouver la lumière. Une agréable découverte.

Lascaux
À la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 2 mars 2019
Texte de Jasmine Dubé
Mise en scène : Jasmine Dubé et Pierre Robitaille
Coproduction : Théâtre Bouches Décousues et Pupulus Mordicus
Avec Éva Daigle, Jules Ronfard et Marjorie Vaillancourt

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